La France et la Mort

May 15, 2015

 

En France on ne meurt pas. La mort n'existe pas. Que nous dit cette négation de la condition sine qua none de l'existence, sur le rapport que le citoyen français entretient avec l'au-delà, avec le spirituel, et le sacré ? 

 

Première partie

 

La mort, en France, personne n’en entend parler, personne ne la voit. Le Français, pragmatique et cartésien, est habitué à vivre sans cette idée tout à fait inutile. Car le Français ne meurt pas, non. Il est brillant et par conséquent, il ne peut mourir. S’il meurt c’est par accident : la faute au cancer ou au chauffard du dimanche. Mais ce n’était pas prévu!

 

Dans l’un des pays les plus jalousés au monde, le pays des droits de l’homme dit-on, on préfère vivre dans l’illusion d’une vie dédiée au labeur quotidien du moment qu'elle comporte son lot de gratifications compensatoires. Le confort, les congés payés que sont quelques unes.
 

A-t-on seulement le droit de parler de la mort dans notre beau pays? Je ne pense pas. C’est "glauque", ça met mal à l'aise, on ne sait d'ailleurs pas trop quoi en dire. On veut bien en parler, dans quelque moment de crise existentielle, à son meilleur ami, à son confident, mais cela crée toujours un silence pesant. Le journal télévisé se charge de remplir notre vide : des images de guerres, de catastrophes et d’accidents animent nos conversations quotidiennes.

 

Que devient l'humain, privé de la "mort" ?

 

Le conditionnement Français est terriblement naïvisant. Je n’ai pas dit navrant mais bien “naïvisant”. Et j’aurais tout aussi bien pu dire “mièvrisant”. Car en France, l’opinion publique cultive depuis bien longtemps une mentalité respectable, c’est-à-dire consensuelle, autrement dit naïve et mièvre. En ôtant à l’Homme sa référence sacrée (l’après-vie), on lui retire la vérité sur cette existence, la profondeur du présent, on lui dérobe une grande partie de son identité, on lui soustrait la possibilité de grandir et donc de jouir d’une maturité durement acquise. C’est que la mort, dans son sens sacré et essentiel, est une transition : comme le cocon libère la libellule, la mort libère notre âme. Mais attention, là encore, il y a tabou. La France a là aussi la main mise sur le lexique: “l’âme” n’est plus en vogue dans un pays qui s’enorgueillit de voir sa population vieillir. Car on vit longtemps dans ce pays.

 

Les vertus de la mort

 

Tandis qu’en certains endroits du globe on meurt par manque d’hygiène, en France on survit longtemps aux bactéries et autres virus. Formidable, mais tellement réducteur.
Pour avoir beaucoup voyagé, je peux vous dire que
là où la mort est la plus présente, l’Homme vibre beaucoup plus, sa présence est plus dense, plus réelle. Il faut pour cela s’arrêter un instant sur les rives du Gange où vous verrez les corps brûler, dans un village du désert malgache où l’on sort les morts de tombe, ou de la forêt amazonienne où la rudesse de la vie annihile le temps qui passe. Alors le modernisme se tait, la science se tait, l’obsessionnelle course folle s’interrompt. Vous et moi avons parfois ressenti cela lors d’un enterrement. Et puis on oublie. C’est cela la France.

 

La peur, une substance mortifère omniprésente

 

Pour avoir exploré l'au-delà du corps (décorporations et états de conscience modifiés), je peux vous affirmer que la culture, l’éducation et la structure sociale ne nous préparent en rien à la vérité. Il existe en effet plusieurs sortes de mondes, qui forment des couches interdites superposées. Personnellement j’en ai “compté” quatre. Nous vivons quant à nous dans la couche la plus lourde, dense, opaque, et donc par excellence la plus polluée. En effet, le propre de notre monde réside dans le fait que la matière, composante fondamentale, est vouée à l’altération, à la maladie, à la dégradation et à la décomposition. Les microbes et autres bactéries nous environnent, sans compter les entités invisibles, elles-mêmes fort douteuses. La peur est également une des composantes principales de notre couche. Ce n’est pas seulement une émotion ponctuelle, c’est bien plus que cela : elle est semblable à une substance, comme l’air que l’on respire, elle est omniprésente et multiforme, absolument incontournable. Notre essence, libérée du corps, se libère immédiatement de cette peur, tout à fait inutile, pensons-nous alors. Une NDE ou un décorporation ponctuelle sont toujours un moment de grâce (sauf cas particuliers) car elles nous soustraient aux lois abrutissantes de la matière.

 

Deuxième partie

 

L'illusion de l'immortalité dans les pays riches

 

Plus une nation s’enrichit, plus la population se réfugie dans l’illusion. On peut alors se payer le luxe de croire à une vie terrestre éternelle, sans fin aucune. Mais l’argent n’achète pas tout, vous le savez bien. Plus un pays est riche plus ses habitants ont une haute opinion d’eux-mêmes. L’individu se croit alors au-dessus des lois essentielles de la vie. La première d’entre elles étant la “transition”. Les Bouddhistes nomment cela l’impermanence. Voilà encore une valeur dont la France ne veut pas. Elle qui se veut avant tout stable, indestructible et invincible… La Constitution n’a-t-elle pas été rédigée pour défier le temps? À l’étranger, les Français parlent encore des valeurs de 1789, alors que nous sommes en 2015 ! C’est à peine croyable.

 

La France, prise à son propre piège

 

Mais nous savons tous que la politique elle-aussi n’échappe pas à la Vérité.
Qu’est donc devenue la France aujourd’hui dans un monde globalisé, dans ce courant unique où seul le profit suscite l’intérêt? La configuration du pays a évidemment évolué. Sa place dans le monde également.

 

La France qui a su défier la mort, qui l’a supprimée de la vie publique, cette France-là est-elle encore vivante ? N’a-t-elle pas été prise à son propre piège ?

 

Perdu et héritier de cette immense illusion, le Français a-t-il des clés, des références pour se lever, pour braver le temps, affronter la vieillesse et le vide existentiel ? Que lui reste-t-il ? Que reste-t-il donc aujourd’hui à celui qui s’interroge réellement, sincèrement ? Internet peut-être ! Heureusement pour nous, le pays de la bienséance, c.-à-d. le pays de la muselière, nous laisse au moins naviguer en paix. Cela nous rapproche… la preuve !

 

Une société négationniste

 

Nous sommes tous assis sur une société négationniste, qui depuis des siècles persiste à croire que l’empire est souverain, qu’il est tout puissant et qu’il prime sur l’individu. Pour mieux asseoir le pouvoir, il faut commencer par nier l’autre et ce, quel que soit l’intérêt et la grandeur de ce qu’il vit. Notre culture, notre éducation s’est basée sur cette simple règle, si simple, si répandue qu’elle paraît tout à fait normale et presque digeste. Or, ce que la France a oublié, c’est le besoin instinctif et sacré que nous avons de nous relier à la profondeur de la vie, et là, notre pays a totalement failli.

 

C’est sans doute cela la course au profit, la sensation que la mort n’existe pas. En effet, dans notre pays, comme dans bon nombre d’autres, il ne nous reste que la peur pour interpréter la mort… alors nous courons toujours plus vite, pour oublier cette ignominie.

 

Troisième partie

 

Qu’on se rassure, la mort n’existe pas.

 

Bien entendu, des gens décèdent par milliers chaque jour, à l’ombre des projecteurs. Des milliards d’individus sont nés avant nous et sont déjà effacés des mémoires.

La souffrance et la peur existent bel et bien mais la mort, elle, n’existe pas. Nous sommes là bien loin de l’esprit français qui tantôt athée, tantôt matérialiste, croyant en Dieu ou en le Nouvel-Âge, cherche surtout à évincer le sujet. Par contre, celui qui a vécu une NDE a quant à lui parfaitement intégré cette incroyable notion. En effet, sur un plan absolu, la fin, la destruction de notre esprit est une grossière erreur. Nous sommes tous éternels et cela, je ne suis pas le premier à l’affirmer.

 

Pour une réintégration de la mort 

 

Alors si vous faites de la mort votre compagne, vous trouverez un jour la clé de l’Anakea; la grande paix intérieure. Si vous la rejetez de votre conscience ou si vous la redoutez, elle deviendra sans aucun doute votre pire adversaire. En effet, elle vous asservira et assombrira votre quotidien en déformant votre perception, elle corrompra vos valeurs, vous diminuera en réduisant vos facultés. Peu à peu, sans crier gare, une toute nouvelle personnalité émergera de ce terreau malade et revendiquera bientôt le contrôle totale de votre identité.

 

Mais comment alors tisser une relation saine avec elle?

 

La mort : un allié de taille pour relativiser

 

Ceux qui inconsciemment la craignent en sont au fond totalement obsédés. S’ils intégraient sa force relativisante (sa valeur première), le cours de leur existence, la nature même de leur quotidien s’en trouverait fondamentalement bouleversé. Ceux qui la craignent leur vie durant s’enferment dans une citadelle faite de mensonges et d’illusions, terrifiés à l’idée de devoir un jour disparaître. Reclus dans une forteresse hygiéniste qui leur sert d’habitat, leur énergie personnelle subit une atrophie progressive spectaculaire. Ils sont constamment en chasse, à la recherche d’un aliment-énergie.

 

Mais la mort n’est-elle pas plus négative que la naissance si pleine de promesses ?

 

Écouter la sagesse de la Terre

 

Nous cueillons les fleurs parce qu’elles sont belles et nous les jetons car nous refusons de les voir mourir. La Terre quant à elle reçoit tout ce dont nous ne voulons plus et, comble de la générosité, redonne la Vie en retour. Levons le tabou un instant et tournons-nous vers Mère-nature : “Homme, si tu vis aujourd’hui, c’est par ma grâce. Ton espèce est sortie de mon ventre, de ma matière. Tu es comme toute chose que je révèle, tu es mienne. Avec délice, je te vois croître et chaque jour, j’attends ton retour. Mais je suis patiente et n’ai d’autre vocation que de te chérir, alors je te nourris. Les fruits dont tu t’alimentes sont déjà morts, la chair que tu prends en toi l’est tout autant. Vois donc comme la matière nourris la matière. Seule ton essence m’est étrangère. As-tu reconnu sa nature divine ? Moi oui. La nuit, lorsque le monde se tait, je m’entretiens avec le Ciel. Quitte un instant ta torpeur et écoute notre dialogue: Il n’y a pas plus de mort qu’il n’y a de vie. Il n’y a pas plus de “je” qu’il n’y a de “nous”. Car tout est Un en toute chose. Unique et multiple à la fois, périssable et éternel.»

 

Quatrième partie

 

L'endoctrinement dès la prime enfance

 

La France, ambitieuse machine économique, souhaite se maintenir coûte que coûte au rang de superpuissance. Pour ce faire, sa complexe organisation sociale parfaitement structurée pousse l’individu à donner le meilleur de lui-même toute sa vie, et entreprend son formatage dès son plus jeune âge. Celui-ci va être soumis à de hautes exigences par le milieu scolaire et parental. Mais pas seulement : les activités extrascolaires dites de « loisir et détente » vont également contribuer à faire naître chez l’individu en devenir ambition et esprit de compétitivité puisqu’il sera soumis à des compétitions et examens réguliers. Ces divers organes de pression ont pour fonction à terme de créer dans la société un individu suractivé, ambitieux et « winner », rompu aux folles cadences et exigences du monde professionnel. Un seul mot d’ordre à la clé: la puissance de la nation. Ainsi donc, la mère-patrie nous prend en main très jeunes et patiemment nous polit, férocement nous plie, douloureusement nous forge de son gant de velours.

 

Nous subissons depuis notre plus tendre enfance une intoxication cérébrale des plus violentes : chaque jour, la culture humaine, l’autorité parentale, l’éducation scolaire, immédiatement suivi de l’enseignement supérieur, les médias, les institutions gouvernementales, politiques, religieuses et financières, en somme la Discipline sous tous ses aspects s’abat sur nous avec une brutalité inouïe depuis le berceau. Au terme de ce processus, nous devenons de bons soldats, de dociles éléments au service du système, les ambassadeurs d’un esprit multiforme mais unique. Les notions de liberté intérieure, de lucidité profonde, de connaissance du Soi Universel et de développement énergétique, sont entièrement éludées. Pour parfaire l’étourdissement en masse des consciences, nos élites censurent et éconduisent la véritable science, nous condamnant à quelques miettes. Ainsi nous ne connaissons des dimensions supérieures que ce qui s’en dit dans les livres (et rares sont les ouvrages sérieux sur le sujet) ou au travers de certaines personnalités inaccessibles.

 

Au nom de nos âmes

 

Aujourd’hui, j’ai envie de dire NON à cette société brutale et grossière, atrophiante et asphyxiante, infantilisante et infanticide, mythomaniaque et mégalo, qui se permet, comble du comble, de susciter chez tout contestataire de paralysantes émotions de dévalorisation de soi. NON à cette société qui broie l’individu et ne lui laisse d’autre alternative que la soumission, la mort de l’Esprit véritable et authentique, l’agonie de l’âme maintenue au cachot depuis des millénaires… Cette mort-là est autrement plus effroyable que la disparition de notre corps physique, simple matière d’emprunt que nous restituons finalement à la Terre. La France n’a que trop joui de son cartésianisme méprisant, de son matérialisme nombriliste, de son narcissisme hédoniste. Il serait temps de croître et de redonner vie à cette mort permanente.

 

La dégradation énergétique de la France : une mort lente

 

Car la France se porte mal. Livrée à une lente autodestruction énergétique, elle s’enlise dans une platitude affligeante et se rigidifie, quand d’autres sociétés rendent hommage chaque jour à la pulsion de Vie, ce qui fait d’ailleurs leur force. Prenons la nation brésilienne que je connais bien: jeune et métissée, cocktail éclectique quelque peu explosif certes, mais elle marie allègrement sensualité, rites traditionnels animistes, postmodernité…

 

Cioran* avait écrit par le passé «Tout un peuple (les Français) malade du cafard. Voici le mot le plus fréquent, aussi bien dans le beau monde que dans la basse société. Le cafard est l’ennui psychologique ou viscéral; c’est l’instant envahi par un vide subit, sans raison, alors que l’ennui est la prolongation dans le spirituel d’un vide immanent de l’être ». “La France a trop vécu” disait-il encore. Je dirais plutôt qu’elle n’a pas assez vécu. Les êtres qui font ce pays ont besoin d’un retour d’âme, ils ont besoin de renouer avec l’enthousiasme et avec le réel.

 

Coupable

 

En maintenant ses habitants dans des conditions énergétiques déplorables, la France prive l’individu de tout accès à sa dimension sacrée, au sens véritable de son existence, viole son libre arbitre, son droit fondamental à la dignité et cultive un terreau social d’une grande violence. Pour avoir amplement déversé sur le monde sa culture disciplinaire, son suprême arsenal militaro-pharmaceutique, pour l’avoir “éclairé” de sa science matérialiste, la France est condamnable au plus haut-degré. En un mot, elle se rend coupable de haute trahison à l’égard des notions fondamentales de la Vie. Ses intentions profondes, au-delà des fantasmes de progrès et de suprématie nationale, sont l’hégémonie du monde illusoire et destructeur du Serpent noir*.

 

Renouer avec notre âme

 

Avec un peu de volonté et de travail nous avons tous la faculté d’accéder, de renouer avec notre nature supérieure et éternelle, celle qui ferait de nous des demi-dieux. Vous me répondrez que vous y travaillez activement. Soit! Mais dans ce cas n’oubliez pas ceci: on ne peut tricher avec la réalité énergétique. C’est concret, physique, palpable. Aussi doit-il en être de même des résultats: on les sent ou on ne les sent pas. Inutile de se raconter des histoires, ce ne serait qu’une perte de temps supplémentaire. Surtout ne perdons jamais de vue qu’il existe au fond de nous un potentiel inexploré qui ranimerait un mort. Cette dimension vous apportera la sève dont vous avez besoin chaque jour pour affronter ce climat social étouffant, ce système aseptisé et débilitant. Elle vous redonnera accès aux valeurs éternelles dont nous avons tous besoin. Croyez-moi.

 

Ganji

 

*De la France, de Cioran
*Voire mon article Sommes-nous faits pour être libres ?

 

L'auteur de ce post:

Devenu médium après un long parcours initiatique, Ganji a bénéficié de nombreux enseignements auprès de ses guides et vécu des expériences de guérison extrêmes grâce à son lien étroit avec la Kundalini et certaines plantes visionnaires (expériences relatées dans son livre L'Éveilleur le tonnerre, coécrit avec Iori). En 1988 il vit l'Éveil, sa 1ère expérience spirituelle profondément transformatrice: le dépassement de l'égo et la fusion avec la conscience universelle divine, en réponse à une pratique quotidienne de la méditation pendant de nombreuses années. Il se lie dés lors à la dimension divine et développe son don de médium. Il est aujourd'hui auteur, accompagnateur en développement spirituel et fondateur de la méthode thérapeutique et initiatique Anankea. En savoir plus: rdv page Soins et thérapie et page Iori et Ganji

- Contact : ganjianankea@gmail.com

 

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